L’intérêt des médecins pour la photographie dentaire est croissant. Avant d’acheter un kit photo, de nombreux dentistes veulent savoir si leur appareil peut produire des photos d’une qualité digne d’un magazine et rendre les dents attrayantes. Ils évaluent souvent le nombre de mégapixels, la taille du capteur et la qualité de l’objectif, mais négligent le principal secret des photos de haute qualité : la lumière.
Même avec l’appareil photo le plus coûteux, sans comprendre les principes d’un éclairage adapté, les résultats seront décevants. La maîtrise des accessoires et des techniques d’éclairage permet de créer des images remarquables, même avec un équipement modeste.
La dentisterie moderne s’appuie largement sur la photographie pour les portfolios professionnels, la communication, la motivation des patients et la documentation des transformations esthétiques. La photographie dentaire, genre spécialisé, combine la macrophotographie et la microphotographie, la prise de vue de sujets et la photographie de portrait, ce qui nécessite un équipement et des accessoires spécifiques.
Une photographie dentaire réussie nécessite de comprendre les principes de fonctionnement de l’appareil photo et ses aspects techniques. Le processus repose sur trois éléments principaux : l’appareil photo, l’objectif et le flash. L’appareil photo enregistre la lumière au moyen d’un capteur photosensible. L’objectif focalise la lumière sur le capteur, les objectifs macro étant utilisés pour obtenir des images détaillées. Le flash est essentiel pour fournir une lumière suffisante, en particulier parce que la photographie dentaire implique des prises de vue en gros plan avec une ouverture réduite, ce qui rend difficile la pénétration de la lumière dans l’objectif sans éclairage supplémentaire.
Vous devez donc utiliser des flashes.
Contrairement aux sources de lumière continue, les flashes produisent une impulsion lumineuse brève, mais très puissante. Le flash permet d’obtenir une lumière directionnelle et contrôlée, d’une intensité suffisante pour éclairer correctement le sujet.
En photographie dentaire, il existe 5 niveaux de complexité de l’éclairage, utilisant différents types de flashes et d’accessoires d’éclairage supplémentaires.
Le premier est un flash annulaire (fig. 1). C’est l’option d’éclairage la plus simple et la plus élémentaire en macrophotographie. En disposant les ampoules du flash annulaire autour de l’objectif, en cercle, on obtient une bonne couverture lumineuse à n’importe quelle échelle, même la plus grande. Le flash annulaire est facile à utiliser et permet d’obtenir aisément des résultats assez satisfaisants (fig. 2). Il est également indispensable pour réaliser des photographies occlusales au moyen d’un miroir (documentation des cas cliniques de traitement des dents postérieures, photographies de l’ensemble de l’arcade dentaire, etc.) (fig. 3).

Fig. 1. Flash annulaire.

Fig. 2. Photographie en gros plan avec un flash annulaire.

Fig. 3. Photographies occlusales avec un flash annulaire.
Les principaux inconvénients d’un flash annulaire sont un éclairage dur et sans ombres, avec la formation de reflets brillants en forme d’anneau à la surface de la dent. Les objets situés sous l’anneau du flash paraissent souvent plats et sans expression. Les inconvénients du flash annulaire sont particulièrement marqués lors de la prise de vue des dents antérieures.
Le deuxième niveau d’éclairage en photographie dentaire comprend les flashs dits bipolaires (fig. 4). Ces dispositifs sont équipés de deux émetteurs qui se fixent directement sur le bord avant de l’objectif macro et sont commandés par un seul boîtier de commande. Les têtes de flash peuvent généralement être inclinées selon différents angles par rapport au sujet. Ce type d’éclairage permet d’obtenir une forme plus esthétique des reflets, situés sur les bords latéraux des dents, sans masquer les détails importants (fig. 5).

Fig. 4. Flash bipolaire

Fig. 5. Photo réalisée avec un flash bipolaire.
L’inconvénient du flash bipolaire est que sa lumière est dure et produit des reflets anormalement brillants. En outre, les systèmes à deux lampes sont également limités en termes d’échelle maximale de prise de vue : si l’objectif macro est trop proche de la surface de l’objet photographié, la lumière des flashes peut ne pas suffire. Lors de la prise de vue des dents postérieures à grande échelle, l’une des lampes du flash bipolaire peut tomber dans une zone morte (à cause de la joue, de l’écarteur ou de la digue), ce qui ne permettra pas d’obtenir une image suffisamment éclairée.
L’éclairage du troisième niveau de complexité est une version modifiée d’un flash bipolaire, dont les émetteurs sont montés sur une barrette mobile spéciale (fig. 6). Cela permet de régler plus librement la position des lampes flash par rapport au sujet. En outre, des modeleurs de lumière spéciaux peuvent être installés sur les flashes afin d’en adoucir l’intensité et d’obtenir ainsi une forme plus esthétique des reflets sur les dents. Ces accessoires comprennent des diffuseurs et des mini-diffuseurs (fig. 7).
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Le principe de fonctionnement du diffuseur consiste à faire tomber la lumière du flash sur la surface blanche du réflecteur, où elle est partiellement diffusée, atténuée et adoucie. Les mini-diffuseurs laissent passer un flux lumineux direct à travers le tissu mat, ce qui adoucit également les reflets (fig. 8).
Cette option d’éclairage permet non seulement de réaliser des prises de vue standard, mais aussi de produire des photographies artistiques.

Fig. 6–7. Mini-diffuseur + double barrette

Fig. 8. Photo réalisée avec un mini-diffuseur.
L’inconvénient d’un flash bipolaire monté sur une barrette est avant tout que la liberté de positionnement spatial des lampes flash est limitée par l’amplitude de mouvement de la barrette. Un tel système est pratique pour réaliser d’excellentes prises de vue sous des angles traditionnels avec des configurations d’éclairage relativement simples. Cependant, pour ceux qui souhaitent aller plus loin, ses possibilités ne suffiront plus.
Le quatrième niveau de complexité de l’éclairage en photographie dentaire, qui ouvre de vastes possibilités pour la photographie artistique et la configuration des schémas d’éclairage les plus complexes, est le système bipolaire déporté avec mini-boîtes à lumière (fig. 9).

Fig. 9. Système bipolaire à distance avec des mini-softboxes.
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Comme sources lumineuses pour ce système, il est proposé d’utiliser des flashs montés sur l’appareil et équipés d’une tête inclinable. La puissance habituelle de ces flashs est excessive pour la photographie dentaire ; il convient donc de réduire l’intensité de l’impulsion lumineuse à 1 / 8—1 / 16 de la puissance maximale.
Pour connecter les flashs à l’appareil photo, vous pouvez utiliser des synchroniseurs radio à distance, qui assurent une synchronisation précise et rapide (environ 1/300 s) à une distance pouvant atteindre 100 mètres, ou utiliser le mécanisme de commande à distance intégré à certains appareils photo modernes.
Dans certains cas, le type de connexion à distance ne permet plutôt pas d’utiliser le mode de mesure automatique de l’exposition TTL ; les réglages de puissance du flash doivent donc être effectués manuellement.
L’absence de support dans un tel système permet d’atteindre une liberté maximale ; toutefois, l’aide indispensable d’un assistant est nécessaire pour positionner les flashs comme souhaité.
Les softboxes constituent un élément important du système. Ce sont ces accessoires qui permettent d’obtenir l’image la plus attrayante et artistique, avec de beaux reflets sur les dents (fig. 10).

Fig. 10. Photographie réalisée avec une softbox.
Quelques mots sur les softboxes.
L’une des principales tâches du photographe et de l’artiste consiste à étudier la nature de la lumière. Parfois, la lumière est dure et produit un contraste marqué (lumière directe du soleil ou d’un flash), tandis que dans certains cas, elle est douce et diffuse (éclairage par temps nuageux, lumière du jour entrant par une fenêtre).
Les softboxes ont été conçues pour adoucir l’éclairage dur provenant de petites sources lumineuses (lampes, lampes de poche) et réduire le contraste entre les ombres et les « taches lumineuses ». Ces modeleurs de lumière contribuent ainsi à créer un éclairage doux et naturel, aussi bien pour les personnes que pour les objets tels que les dents.
Le principe de la softbox est le suivant : l’éclair de l’émetteur se réfléchit sur les parois intérieures argentées, traverse la cloison interne, puis l’écran frontal, qui diffuse la lumière. C’est précisément la diffusion de l’impulsion à travers deux toiles diffusantes qui produit une lumière douce et uniforme. La forme du reflet lumineux s’en trouve modifiée. Pour cette version de l’éclairage, les petites softboxes d’environ 25 cm sur 25 cm sont les plus adaptées.
Parmi les inconvénients du système de niveau 4 figurent l’absence de contrôle TTL automatique, la nécessité de régler manuellement la puissance du flash, la participation indispensable d’un assistant, ainsi que l’impossibilité de prendre des photographies occlusales à travers un miroir — la configuration de ce système le rend trop peu pratique pour cela.
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Le dernier niveau d’éclairage, le cinquième, est aussi le plus prometteur sur le plan créatif : des flashs bipolaires montés sur des supports et équipés de grandes softboxes (fig. 12).

Fig. 12. Flashs bipolaires sur des supports avec de grandes softboxes.
Comme sources lumineuses, on peut utiliser des flashes de studio alimentés sur secteur, ou les mêmes flashes cobra qu’au niveau 4. La principale différence de ce système est que des boîtes à lumière plus grandes (50 * 50 cm et plus) sont utilisées pour la prise de vue. Compte tenu des dimensions importantes de ces modificateurs de lumière, il serait peu pratique que l’assistant les tienne à la main ; il est donc préférable de les fixer sur des pieds dédiés.
Les grandes boîtes à lumière permettent d’obtenir une lumière encore plus douce et diffuse, tout en laissant des reflets agréables et vivants sur les dents. Grâce à la distance plus importante entre les diffuseurs intérieur et extérieur, ces modificateurs produisent un flux lumineux plus homogène et des taches lumineuses uniformément éclairées à la surface des objets. Le reflet d’une grande boîte à lumière sur l’émail, le matériau de restauration ou les gencives permet de restituer non seulement la structure optique et la couleur de l’image, mais aussi son volume, sa texture et son relief (fig. 13).

Fig. 13. Photo prise avec de grandes boîtes à lumière.
Règle : plus il y en a, mieux c’est.
Le principal inconvénient du système de niveau 5 est son encombrement, qui ne laisse pas suffisamment de liberté pour manipuler la position des flashes. Si des tubes flash de studio sont utilisés pour la prise de vue, il faudra ajouter des câbles pour les brancher au secteur. Dans le système de niveau 5, tout comme dans celui de niveau 4, il n’est pas possible de photographier en mode de contrôle automatique de l’exposition TTL.
Cependant, malgré tous ses inconvénients, seul le système de niveau 4 et 5 peut produire des photographies véritablement artistiques. La qualité des images obtenues grâce aux modificateurs de lumière vaut bien les éventuels désagréments.
Pour utiliser efficacement les systèmes d’éclairage des niveaux 4 et 5, il faut connaître les principes généraux de fonctionnement des boîtes à lumière.
Plus la source lumineuse est grande, plus la traînée de reflet est importante et plus la lumière est douce.
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Les deux photos suivantes montrent des schémas d’éclairage utilisant des boîtes à lumière de tailles différentes. À côté figurent des exemples de l’évolution de l’image (fig. 14-15, 16-17).

Fig. 14. Schémas d’éclairage utilisant des boîtes à lumière de différentes tailles et variations de la photo.

Fig. 15. Schémas d’éclairage utilisant des boîtes à lumière de différentes tailles et variations de la photo.

Fig. 16. Schémas d’éclairage utilisant des boîtes à lumière de différentes tailles et variations de la photo.

Fig. 17. Schémas d’éclairage utilisant des boîtes à lumière de différentes tailles et variations de la photo.
Plus la source lumineuse est proche, plus son reflet est important.
Beaucoup pensent qu’éloigner la boîte à lumière du sujet rendra la lumière plus douce et plus diffuse. En réalité, la source lumineuse devient plus petite et le contraste est donc plus élevé, ce qui va à l’encontre de la règle fondamentale d’utilisation d’une boîte à lumière.
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Lors de l’utilisation d’une boîte à lumière pour la prise de vue, il est important de se rappeler que plus elle est proche du sujet, plus l’éclairage sera doux (fig. 18-19, 20-21).

Fig. 18. Modification de l’éclairage en fonction de la proximité de la boîte à lumière.

Fig. 19. Modification de l’éclairage en fonction de la proximité de la boîte à lumière.

Fig. 20. Modification de l’éclairage en fonction de la proximité de la boîte à lumière.

Fig. 21. Modification de l’éclairage en fonction de la proximité de la boîte à lumière.
Plus l’angle d’incidence de la lumière sur les dents est grand, plus les ombres sont contrastées.
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Si les boîtes à lumière sont placées frontalement par rapport au visage du patient, leur lumière remplira toute la cavité buccale, laissant presque aucune ombre. Dans ce cas, l’image sera trop douce et trop claire (fig. 22, 23). Si le flash est placé sagittalement selon un angle important par rapport à la surface, les taches lumineuses se déplaceront vers les bords latéraux des dents et les reliefs les plus saillants. Les ombres seront ainsi plus contrastées. Avec cette configuration des sources lumineuses, la texture de la surface est mieux visible (fig. 24, 25).

Fig. 22. Photo devant la boîte à lumière.

Fig. 23. Photo devant la boîte à lumière.

Fig. 24. Photo avec une disposition sagittale de la boîte à lumière.

Fig. 25. Photo avec une disposition sagittale de la boîte à lumière.
En modifiant la disposition des sources lumineuses, nous pouvons obtenir une image de la qualité souhaitée et mettre précisément en valeur les détails du sujet photographié que nous voulons montrer sous leur meilleur jour.
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Photographie d’art
Malgré l’opinion selon laquelle le but principal, voire unique, de la photographie dentaire devrait être de transmettre des informations fiables sur l’apparence et l’état des organes de la cavité buccale, et bien que certains spécialistes tendent à réduire l’essence de la photographie dentaire à un simple enregistrement photographique, un nombre croissant de médecins s’intéressent à la photographie dentaire artistique.
La photographie d’art transcende les limites et se transforme, de moyen de refléter la réalité clinique, en véritable art. La principale différence de la photographie artistique réside dans sa place dans notre pratique dentaire. Ces photographies sont prises pour être publiées sur des sites Internet spécialisés afin de démontrer le niveau professionnel du praticien, dans la presse écrite, en couverture de magazines, comme support pédagogique, etc.
Les passionnés de photographie qui cherchent à améliorer la qualité de leurs images doivent savoir que, pour créer de telles œuvres, il n’est pas nécessaire de disposer d’un équipement professionnel hors de prix. Il suffit de comprendre le comportement de la lumière. Vous devez savoir exactement comment obtenir l’éclairage souhaité, comment positionner la source lumineuse par rapport au sujet et quel angle choisir au même moment.
En photographie d’art, les techniques qui sortent du cadre de la photographie dentaire classique sont permises. L’outil principal reste toutefois la boîte à lumière.























































